Difficile de clore le débat avant qu’il n’est vraiment commencé dans la profession..Merci d’avoir initié cette réflexion.
Pour répondre à Françoise Ducos-Besson et en préambule, pensez vous réellement qu’à l’heure actuelle tout le monde puisse bénéficier de soins palliatifs à Jane Garnier ?
Connaissez vous les délais d’attente pour y entrer ?
Cette structure au demeurant fort extraordinaire n’est pas, loin s’en faut le quotidien des malades en fin de vie. Habitant la Région parisienne et pour l’avoir vécu, je peux vous dire que ce qui attend le patient en fin de vie c’est plutôt un service de soins de suites où une infirmière débordée partage son temps entre des personnes âgées et des malades en fin de vie !
D’autre part tout le monde ne souhaite pas terminer sa vie dans un service de soins palliatifs si merveilleux soit-il parce que certains patients en fin de vie souhaiteraient mourir chez eux, si on leur en donne la possibilité mais cela pose beaucoup de problèmes à la famille psychologiquement et pratiquement aussi et il faudrait faire un réel effort pour améliorer l’aide à domicile particulièrement tournée vers la fin de vie et le soutien aux familles qui veulent le faire.
Plus largement ce n’est pas parce que les soins palliatifs existent, que la souffrance physique est mieux prise en compte et que l’on peut donner des anti-dépresseurs « qu’un patient qui est avant tout un être humain, ne souffre pas de vivre encore alors qu’il n’a plus »assez de musique dans son cœur pour faire danser sa vie" même dans un lit d’hôpital.
Est ce pour autant qu’il faut appliquer à tous cette vision des choses, non bien sûr !
C’est un débat qu’il faut avoir car parfois nous réagissons de façon épidermique à ce sujet tant il y a de peurs, de tabous et heureusement ! Ne pas en parler néanmoins entre nous maintient ces patients à distance dans un souffrance qui se rajoute aux autres, celle du non-dit, de l’interdit.
Allons au bout de nos raisonnements, faisons le tri de ce qui est nous et de ce qui est l’autre ! Acceptons qu’’il soit différent de nous et qu’il nous interpelle par sa demande qui nous semble indécente et incongrue, nous qui sommes là pour lui apporter les soins et la guérison...
Peut-être faut il faire le deuil nous, soignants de ce désir de guérir quand il ne se peut plus !
Peut-on simplement essayer de comprendre ce qu’il recherche lorsqu’il demande à mourir ?
Que peut vouloir dire cet humain quand il réclame de partir, alors qu’il a tout ce qui lui faut du point de vue physique et psychologique mais qu’il sait qu’il n’a plus rien à attendre de la médecine,qu’il a dit au revoir à ses proches et qu’il est en paix avec lui-même ?
Peut-être entrer dans la mort de la façon dont lui la conçoit, non dans une posture passive que l’on subit mais comme un acte volontaire qui vient clore une vie responsable...Peut-être conserver une certaine idée de soi-même et de ce qui est nécessaire et « vital » eh oui même en un moment pareil !
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